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La phobie sociale est un trouble trop peu connu, souvent perçu comme de la timidité excessive, ou comme une personne totalement asociale ou qui n’aime pas les autres. Ce handicap invisible que l’on appelle également anxiété sociale touche plus de personne qu’on ne peut le croire.

Définition de la phobie sociale ou anxiété sociale

La phobie sociale est une peur plus ou moins intense du jugement de l’Autre et aussi de gêner les Autres. Cette peur peut être parfois tellement envahissante qu’elle interfère dans la vie quotidienne et elle peut aller jusqu’à empêcher une personne de se rendre à l’école ou son lieu de travail.
Il n’y a rien de pathologiques dans la phobie sociale. Nous ne sommes pas dans la maladie mentale mais bel et bien dans le trouble anxieux. Tout le monde a déjà connu un épisode d’anxiété à parler en public, rencontrer de nouvelles personnes ou se rendre dans un lieu inconnu. Le phobique sociale va lui s’inquiéter de ces événements là parfois des semaines avant qu’ils ne se produisent, avec une anticipation débordante, des pensées tgv qui fusent dans la tête et des scenarii digne de grand film américain.

D’une manière générale, les personnes ayant un trouble de l’anxiété sociale peuvent faire des choses communes. Seulement, elles ressentiront de la nervosité à l’idée de payer ses courses au supermarché, de manger en public, d’aller dans des toilettes publiques, de répondre au téléphone ou de rédiger une rédaction pour un examen à l’école, surtout si le prof regarde par dessus notre épaule !
Les phobiques sociaux ont conscience de leur peur exagérée mais il n’arrive pas ou plus à la contrôler. Au final, on se rend compte qu’elles évitent les situations le plus souvent possible où elles seraient en situation d’être jugée ou humiliée. Pour certaines personnes, la phobie sociale n’est un problème que dans quelques situations précises tandis que pour d’autres, les symptômes sont présents dans toute situation sociale.

Cause de la phobie sociale

Les troubles de l’anxiété sociale peuvent être courante au sein d’une même famille, cependant, nous ne connaissons pas les causes exactes qui fait que certains membres en sont touchés et pas les autres. Les recherches indiquent que plusieurs parties du cerveau sont impliquées dans la peur et l’anxiété. En faisant passer des IRM à des phobiques sociaux, on a pu voir que leur amygdale était en hyperactivité, surement dû au fait des nombreuses anticipations. Certaines recherches mettent en avant des facteurs génétiques. Vraisemblablement, au sein d’une famille, le facteur environnemental rentre en jeu et le conditionnement social est une des causes du développement de la phobie, parfois dès le plus jeune âge. Il suffit d’avoir un de ses parents qui a la peur du regard de l’autre et qui sans s’en rendre vraiment compte, vous éduque en vous disant de « toujours être propre sur soi », ou « ne jamais se faire remarquer », ou encore « bien travailler à l’école sinon on n’arrivera à rien »… Toutes ces petites phrases qui n’ont l’air de rien, mais qui au final font que l’on développe un manque de confiance en soi tellement la pression de la réussite est forte, on apprend à observer les Autres pour toujours se faire aimer ou paraître sous son meilleur jour ou être l’élève parfait aux yeux de tous.

Symptômes de la phobie sociale

Les phobiques sociaux peuvent :

– être très anxieux d’être en la présence d’autres personnes et ont du mal à entamer une conversion ou à leur parler, même si elles le souhaitent vraiment.
– être très embarrassés et s’auto-analysent en présence des autres pour toujours paraître sous un meilleur jour.
– être très angoissés d’être jugés par les autres.
– être très angoissés durant des jours précédent un événement prévu à l’avance ou à l’idée de téléphoner.
– éviter les lieux où il y a de la foule.
– avoir du mal à se faire des amis et à les garder.
– ressentir divers symptômes en présence des autres (rougir, sueur, tremblements, mains moites, panique….etc…).
– se sentir nauséeux ou avoir des maux intestinaux avant ou durant une situation sociale.

La phobie sociale touche autant les hommes que les femmes, elle commence souvent à se développer durant l’enfance ou tôt dans l’adolescence, souvent par une phobie scolaire d’ailleurs. L’anxiété sociale peut porter uniquement sur une seule situation, comme manger en public ou peut se généraliser doucement mais durablement à toutes interactions sociales.
Il n’est malheureusement pas rare que l’abus de drogues ou d’alcool se développe pour inhiber l’anxiété, comme une sorte d’automédication. Mais cela a plutôt un effet d’alimenter l’angoisse et donc de l’augmenter…

Traitement de la phobie sociale

Le meilleur traitement d’une phobie en générale reste les TCC. Vous pouvez lire sur ce blog les divers articles qui vous expliquent pourquoi les TCC restent à ce jour la meilleure prise en charge. Pour résumer, les personnes entamant ce type de thérapie apprennent différentes façon de réagir à leur pensées négatives débordantes et qui sont irraisonnés, et apprennent à se comporter sans anticipations dans des situations sociales. Pour ceux qui ne savent plus comment faire, les TCC aident à apprendre à nouveau les compétences sociales et à pratiquer aux travers d’exposition, notamment dans des groupes d’interaction sociale ou dans des lieux publics.

Personnellement, je ne suis pas pour la médication pour les personnes phobiques, mais parfois, quand le trouble prend des proportions trop élevées, cela peut être une béquille temporaire, sachant que le sevrage peut être bien plus long que la thérapie elle-même ! Un sevrage d’antidépresseur ou d’anxiolytique ne se fait pas en quelques semaines mais bel et bien en plusieurs mois. Et quoi qu’il arrive, la médication ne fera que camoufler et surement pas résoudre le problème des pensées mémorisées. Il faut travailler en profondeur sur le cognitif et non pas en surface comme le fait un médicament de ce type.

La thérapie comportementale et cognitive est une thérapie pro-active et la personne phobique sociale doit avoir la volonté d’affronter enfin ses peurs. Cela se fait de façon vraiment très progressive, il n’y a pas de mise en situation violente et on attend que la crise passe, non. Apprendre à identifier ses peurs de façon croissante et établir un plan d’action durant les consultations permet doucement mais durablement de mettre en place les bonnes informations dans la mémoire et de ne plus réagir avec une réponse de « fuite ou de lutte » face à un stimulus qui n’en a pas la vocation.

A bientôt !

Mireille