Bonjour !

En parcourant le blog, vous verrez que la solution la plus efficace pour traiter les angoisses et troubles anxieux sont les thérapies comportementales et cognitives (TCC).

Une TCC pour les anxieux ?

Pour comprendre un peu le fonctionnement de l’angoisse, je vous fournis un peu de théorie sur comment se fait l’apprentissage des pensées erronées et irraisonnées.

Comme je le disais dans mon article sur les TCC, les thérapies comportementales et cognitives, sont d’apparition récente. Elles se développent dans les années 50 dans le monde anglo-saxon. Les TCC reposent sur le modèle théorique du conditionnement et de l’apprentissage. Le principe repose sur le fait que les difficultés présentées par une personne anxieuse ont été apprises et qu’il est ensuite possible de les désapprendre.

Les TCC ont une dimension pédagogique, basée sur l’explication, l’apprentissage de techniques, la réalisation d’exercices à faire, dont le but est de contrôler le comportement inadapté et d’apprendre d’autres façons de réagir face à ces situations.
L’objectif à atteindre est défini à l’avance et les stratégies utilisées sont expliquées au cours des séances. La relation thérapeutique est très interactive, directive et explicite par rapport au modèle de la relation psychothérapique classique.
Les TCC sont des thérapies courtes, selon le degré de trouble de chaque personne. Elles sont centrées sur le présent « Ici et maintenant » : le travail sur le passé n’est pas un axe majeur même s’il faut en tenir compte en début de thérapie. L’évaluation systématique des résultats permets une thérapies structurées.

Les théories de l’apprentissage expliquent les bases des TCC. Beaucoup de symptômes peuvent être causés et/ou maintenus par le biais de 3 grandes familles de conditionnement :

– Le conditionnement classique ou pavlovien : on l’appelle également conditionnement répondant : A un stimuli intense s’associe un phénomène de conditionnement.Par exemple, une personne qui s’est fait piquer par une abeille va avoir une crise d’angoisse en apercevant une abeille quelques jours après. Le stimuli « abeille » est resté associé à « piqûre » donc danger.

– Le conditionnement opérant ou skinnerien : on l’appelle également conditionnement instrumental : Les comportements sont renforcés par leurs conséquences. Par exemple, un patient phobique des pigeons a tendance à les fuir quand il en rencontre un. Ainsi son comportement d’évitement est renforcé, encouragé par sa conséquence qu’est la diminution de l’angoisse. C’est un cercle vicieux, plus la personne fuit la situations angoissante, moins il est capable de l’affronter et plus son angoisse de la situation augmente.

– Le conditionnement social : Il se base sur le principe selon lequel il est possible d’apprendre un comportement sans l’avoir nécessairement expérimenté par soi-même, par la simple observation d’une personne ayant ce comportement. C’est le comportement d’imitation par observation de modèle.

La seconde base des TCC est l’approche cognitive. c’est une composante importante des TCC. Cette approche repose sur la notion de traitement de l’information et sur les contenus de pensées. Une personne qui reçoit une information ne la reçoit pas de façon passive. Elle l’interprète, l’évalue et la distord. La cognition est l’acquisition des savoirs sur le monde. La perception, l’attention et la mémoire sont des phénomènes qui participent à cette acquisition. Par exemple, une personne agoraphobe ne retiendra dans l’environnement que ce que contient et justifie son schéma de danger : les espaces extérieurs au domicile sont un endroit où elle risque de faire une attaque de panique et se retrouver seule sans secours et observé par les autres qui jugent sa conduite comme folle. Elle se fera alors un monologue intérieur tel que : « je vais mourir en public ou devenir folle ».

La 3e base des TCC est l’autocontrôle. Il intervient chaque fois qu’un individu émet une action, s’engage dans un comportement dont il n’attend aucun bénéfice à court terme, mais dont il espère recueillir des bénéfices à long terme, sans en retirer de conséquences positives immédiates, mais plutôt négatives. La personne doit être capable d’identifier ses comportements et ses problèmes. Il s’agit donc d’un contrat que la personne passe avec elle-même avec l’aide du thérapeute. La personne doit être en mesure de s’auto-renforcer en s’encourageant à faire des efforts.

Le déroulement d’une TCC

La première étape d’une TCC consiste en une phase d’information donnée à la personne sur son trouble anxieux. Cela permet de dire qu’elle n’est pas la seule à souffrir de ce problème, à expliquer comment ce trouble s’est mis en place et comment elle l’entretient. Il est alors proposé de reconstruire l’histoire spécifique de l’apparition du trouble, de retracer l’évolution des difficultés. Ensuite, il sera présentées les techniques à mettre en place . Il sera rédigée une liste d’objectif à atteindre. La personne devra alors effectuer des exercices seule entre chaque séance. Cette étape est exigeante pour la personne car les exercices ne sont pas toujours faciles ni agréables à réaliser. Lors de la séance suivante, un temps est donné pour analyser les exercices effectués avant la séance et éventuellement à la modification du comportement inapproprié.

Si vous vous décidez à entamer une thérapie pour vous sortir de ce cercle vicieux qu’est l’anxiété, gardez bien en tête tous ces éléments qui sont primordiaux pour apprendre à désapprendre. Plus vous comprendrez comment ça fonctionne, moins vous aurez peur de ce qui vous arrive. Une thérapie longue où vous n’avez de cesse qu’à creuser ce qui s’est passé dans votre enfance ou dans votre passé ne permettra en rien de faire évoluer votre trouble et de vous en débarrasser, tout comme un traitement médicamenteux, qui ne fera que camoufler temporairement vos symptômes et si vous voulez arrêter d’en prendre, vous vous retrouverez avec un retour d’angoisse qui sera d’autant plus fort.

A++ 😉

Mireille