Bonjour !

Tout le monde ressent de l’anxiété, comme je le disais, c’est un sentiment normal. Mais peu d’entre nous savent exactement comment fonctionne l’anxiété et à quoi elle sert réellement. Dans cet article, je vais vous expliquer son fonctionnement afin de mieux comprendre comment ça marche et surtout, comment la gérer.

Un trop plein d’adrénaline !

Que se passe-t-il exactement quand on est anxieux ? Quand on a un trop plein d’angoisse et donc d’anxiété, notre corps a une réaction chimique et produit de l’adrénaline. C’est cette adrénaline qui produit les divers symptômes que l’on peut ressentir.

L’adrénaline est une hormone et un neurotransmetteur qui déclenche la réaction de lutte ou de fuite dans notre cerveau et notre corps. Ce mécanisme de lutte ou de fuite est activé quand notre cerveau enregistre une information comme un danger ou une situation stressante. C’est un mécanisme de survie, tout comme pour les animaux.

Une fois que le cerveau reçoit le message de danger, l’adrénaline va augmenter le rythme cardiaque pour augmenter le taux d’oxygène, dilater les pupilles pour avoir une meilleure vision, augmenter la production de la sueur pour se préparer éventuellement à courir, inhibe le système immunitaire qui n’est pas nécessaire dans ce cas de figure et créer un sentiment général de peur, mais sentiment de survie !

Cette réaction de survie n’est en aucun cas dangereux, au contraire, elle nous aide à survivre lors d’une situation potentiellement dangereuse. C’est un système d’alarme qui dans la plupart des cas est faux et où il ne se passera rien.

Prenons l’exemple d’une balade en montagne, si on se retrouve nez à nez avec un ours, ce mécanisme de survie va directement s’enclencher et l’adrénaline fera son travail. Sans lui, vous n’éprouveriez pas de peur face à cet ours et vous vous verriez dépecer sur place. Votre instinct de survie va vous mettre en alerte et vous dire qu’il y a danger dans une telle situation.
Un autre exemple, quand nous traversons une rue, et brusquement une voiture arrive à toute allure, l’anxiété permet de ne pas se faire heurter et d’avoir une réaction instinctive de fuite face à ce danger imminent.

Allons un peu plus loin dans le mécanisme de l’anxiété !

Je souhaite aller un peu plus dans de la physiologie pour vraiment vous faire comprendre que l’angoisse n’est aucunement dangereuse mais bel et bien un mécanisme de défense, qui se déclenche de façon naturel mais irraisonné en cas de crise d’anxiété. Je vais faire au plus simple et raccourcis !

amygdale

Des chercheurs universitaires ont démontré le lien entre le mécanisme de peur et l’amygdale. Quand nous avons une réaction de peur, elle est instantanée. L’amygdale permet la gestion des émotions et de la mémoire. Le fait que émotions et mémoire soit tous les 2 dans l’amygdale est très important pour la compréhension de l’anxiété. On peut donc comprendre qu’il existe un lien étroit entre peur et mémoire. Quand on est anxieux, notre cerveau est plus à même de se souvenir d’une situation jugée angoissante et donc de nous provoquer à nouveaux ces symptômes désagréables. Notre peur est devenue conditionnée. Nous avons développé une mémoire de la peur qui est profonde et qui grandit à mesure que nous sommes confrontés à la dite-situation. Cette mémoire alimente la peur et elle reste de plus en plus ancrée en nous.

Les routes de la peur

Rappelez-vous cette situation où vous avez sursauté d’un coup, sans vraiment savoir pourquoi et vous le comprenez juste après. La réaction a été instantanée, sans aucune analyse au préalable de votre part.

Il existe 2 routes de la peur :
– Un stimulus émotionnel va passer par le thalamus puis le cortex sensoriel puis par l’amygdale, pour enfin donner une réponse émotionnelle.
– Un stimulus émotionnel va passer par le thalamus puis directement par l’amygdale, pour enfin donner une réponse émotionnelle.

Le cortex sensoriel permet l’analyse et la signification d’une situation. Si cette situation est menaçante, elle va aviser l’amygdale pour créer la réaction appropriée. Le second chemin permet d’expliquer la rapidité de notre système d’alarme. Ce n’est qu’ensuite que le cortex peut confirmer ou infirmer l’information comme quoi il n’y a pas de danger.

Dans le cas de l’anxiété, le cortex et l’amygdale se retrouvent à avoir des informations erronées sur certaines situations qu’on a mémorisé comme dangereuses alors qu’elles ne le sont pas réellement, d’où une réaction d’alarme à mauvais escient et l’installation d’une phobie et des crises de panique sur du long terme.

Qu’elle soit réelle ou imaginaire, la réponse physiologique du cerveau face à une situation qu’il perçoit comme dangereuse reste la même. Mais quoi qu’il arrive, tous les symptômes que l’on ressent durant ces situations ne sont aucunement dangereuses.

Suite à cette réponse qu’est la peur, la sécrétion d’adrénaline entraîne les divers symptômes désagréables que l’on vit durant l’anxiété. Je vous parlerai des divers symptômes de l’angoisse, qui sont nombreux mais qui peuvent être maîtrisé avec un travail de fond et du temps.

De la peur à l’anxiété pathologique

Skinner, au travers de ces recherches sur le conditionnement, disait que les personnes pouvaient retenir des situations précises de peurs dans leur mémoire et que le fait d’anticiper, de ruminer sur ces situations provoque une hyperstimulation de l’amygdale et donc d’intégrer l’information comme dangereuse. Autrement dit, une expérience traumatique ou effrayante, les crises de panique en faisant partie, peut s’inscrire dans la mémoire et donc activer cette réaction face à un stimulus identique. Il en résulte qu’on développe une crainte que ces événements précis se reproduisent et plus l’événement se produit et plus la peur augmente. Se met ensuite en place l’anticipation, c’est-à-dire le fait de ruminer encore et encore et avoir des pensées sans arrêt, ce que j’appelle des « pensées tgv« . Les pensées n’arrêtent jamais , elles reviennent et le trouble anxieux s’installe doucement mais durablement. Ce mécanisme est valable pour les agoraphobies, les phobies sociales, les TOC, les phobies spécifiques (araignées, claustrophobie, etc…), etc…

Bien sûr, il ne faut pas réduire l’apparition d’un trouble anxieux à la seule anticipation. Il existe diverses sources de développement des troubles anxieux reliés à la peur, comme la génétique, l’environnement, etc…

Modifier l’information erronée de l’angoisse

Ce qu’il faut retenir de cet article, c’est que les troubles de l’anxiété sont en grande partie liées à une crainte conditionnée et donc on peut se déconditionner de cette peur apprise. Pour cela, il faut utiliser les techniques de modification du comportement et des cognition, tel que le propose les TCC. Trouver la source de ses peurs et en parler durant des heures ne modifiera en rien la mauvaise information apprise et mémorisée par votre cerveau.

Je rajouterai que la plupart des psychiatres ou généralistes en France se tournent bien trop rapidement vers la médication pour traiter l’angoisse. Certes, cela permet d’avoir un répit et de diminuer les symptômes de l’angoisse pour certains, mais il ne résout en rien le fond du problème et lors de l’arrêt de la médication, les symptômes reviennent en force malheureusement. Cette solution ne doit être envisager que comme une solution temporaire.

Tout comme les remèdes miracles qui foisonnent sur internet et qui vous promet de se débarrasser de son angoisse ou de reprendre confiance en soi en quelques jours. Je vous le dis haut et fort, ce n’est absolument pas possible. Le traitement d’une information ancrée dans notre cerveau ne peut pas s’effacer en regardant des vidéos ou en lisant quelques fiches. Cela demande un travail personnel et pro-actif et cela prend des mois pour en arriver à bout si le travail est fait de façon sérieux et assidu.

Il faut que vous gardiez en tête que vous n’êtes aucunement responsable de votre état et que vous n’êtes absolument pas fou ou dérangé, malgré ce que peuvent vous faire ressentir les symptômes. Il ne faut plus culpabiliser et se dire qu’on a mérité ce qui nous arrive et que l’on est irrécupérable. La première étape de processus est l’acceptation de votre état et la compréhension de son fonctionnement. La patience et un travail de longue haleine sera ensuite vos alliés pour modifier ce comportement erroné. L’anxiété ne vous quittera jamais puisqu’elle sert toujours de signal d’alarme et heureusement ! Il ne faut juste pas qu’elle devienne envahissante. Et c’est là que la thérapie peut être utile pour apprendre les techniques adéquates qui sont utilisable tout au long de sa vie.

Cet article est un peu complexe de par son coté théorique, mais il est primordial d’en comprendre les grandes lignes pour ne plus avoir peur de ces symptômes de l’anxiété puisqu’ils ne sont pas dangereux.

A bientôt ! 😉

Mireille